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Peinture

La fondation Clark, nature par extension

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Agrandi par l’architecte Tadao Ando, le musée américain de Williamstown inaugure 3 000 m2, des impressionistes aux bronzes chinois.

Petit palais en marbre immaculé à son ouverture en 1955, le musée rouvre après trois ans de travaux, métamorphosé par la Japonais Tadao Ando. (Photos Tucker Bair. Clark Art Institute)
ParVincent Noce
Envoyé spécial à Williamstown (Massachusetts)
Publié le 11/08/2014 à 18h06

«Vous avez tout faux.» Quand Tadao Ando a vu le parking à l'arrière du musée Clark, dans le Massachusetts, il prit assez vite la mesure de la situation. «Vous avez tout faux, car vous tournez le dos à la nature.» Treize ans plus tard, la fondation de Williamstown a inauguré, en juillet, une extension de toute beauté, assortie d'un réaménagement d'ensemble de son exceptionnelle collection permanente (lire ci-contre). L'architecte venu d'Osaka (Japon) a retourné les bâtiments vers les bois et prairies du voisinage. Mais c'est le directeur des lieux, Michael Conforti, qui lui a imposé l'usage d'une pierre locale qui adoucit singulièrement son architecture. La combinaison donne un rendu unique.

Palais. 110 millions d'euros ont été consacrés à ce chantier. Trois ans durant, la collection impressionniste formée par Robert Sterling Clark a été présentée de Milan à Shanghai, en passant par Giverny, Madrid et Montréal. Le petit-fils d'Edward Clark, producteur des machines à coudre Singer et promoteur immobilier (il a notamment bâti le fameux Dakota à New York), porté vers l'uniforme et l'aventure, s'est installé en 1910 à Paris, où il a épousé une actrice de la Comédie-Française. Avec des moyens considérables, ils ont constitué une collection allant du Moyen Age à la peinture américaine contemporaine.

En 1913, il réussit à acquérir un portrait de Domenico Ghirlandaio sorti dans des conditions rocambolesques d’un palais si

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