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art brut

Giovanni Bosco, miracle à l’italienne

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L’artiste sicilien, obsédé par le rouge et les corps, a été révélé en 2007. Apprenti berger devenu l’une des figures de l’art brut, il est exposé à Lausanne.

Peinture murale de Giovanni Bosco dans une rue de Castellamare del Golfo, en 2008. (Photo Lucienne Peiry, archives de la collection de l'art brut de Lausanne.)
ParBrigitte Ollier
Envoyée spéciale à Lausanne
Publié le 27/08/2014 à 18h06

Giovanni Bosco (1948-2009) est l'une des sept figures de «l'Art brut dans le monde», une proposition éblouissante signée Lucienne Peiry, qui aime à se présenter comme une messagère de cet art notoirement clandestin. Sur deux étages, cette exposition enseigne, cristallise et déploie une manière de vivre, ou de survivre, hors les frontières des règles en société. Tout autant que ses voisins de palier (lire ci-contre), Bosco n'a jamais étudié le dessin ; par hasard, presque par miracle, il révèle tout à coup son génie. Car génie il y a, plus que l'on imagine, chez ce Sicilien à l'enfance perdue, apprenti berger auprès de son père, puis perdant pied à la mort de celui-ci, à laquelle s'ajoute bientôt, nouvelle cruauté, l'assassinat de ses deux frères.

Malgré sa plage de palmiers, Castellammare del Golfo, village natal de célèbres mafieux et de Giovanni Bosco, n’est pas un paradis à l’abri des règlements de compte. Bosco lui-même connaîtra la prison pour une histoire idiote d’agneau chapardé, enfermement qui le laissera sur le carreau. Direction l’hôpital psychiatrique, avec probablement quelques séances d’électrochoc, puis retour à Castellammare, où il entame enfin sa renaissance, à l’aube des années 2000, grâce à un peintre du village, Giovan Battista Di Liberti, qui le surprend en train de peindre par terre. Il sera son premier soutien, et il lui conseillera, entre autres, les crayons-feutres.

Tatouages. Comme pour tous les auteurs d

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