L’ouverture d’une antenne du centre Pompidou à Málaga, annoncée mercredi par Alain Seban, relance le débat sur les initiatives prises dans le plus grand désordre par les musées français depuis une dizaine d’années pour exporter leurs trésors.
Sur la Costa del Sol, Beaubourg ouvrira au printemps dans un centre culturel un programme de cinq années d’installations de longue durée, d’expositions et d’animations. Son président dit vouloir tirer ainsi les leçons du «centre Pompidou mobile». Cette balade à travers la France d’une quinzaine de chefs-d’œuvre sous chapiteau a dû être interrompue après avoir attiré quelque 250 000 personnes. Outre la crise des financements publics, les contraintes logistiques en avaient fait perdre la légèreté. Avec son projet de «centre Pompidou provisoire», dont Málaga est la première étape, Seban expérimente une formule pour poursuivre une présence «hors les murs».
Effrénés. Il voudrait ainsi intégrer un contexte qui a radicalement changé. Jusqu'alors, les prêts tenaient d'un consensus entre érudits, désireux de faire progresser la connaissance de l'art, chacun pouvant faire appel à la collection de l'autre. Aujourd'hui, nombre de foyers d'exposition n'ont pas de collection. Par-dessus tout, la tentation financière prime. Au contraire des grands musées américains, restés exemplaires, les musées français se montrent les plus effrénés. Le contrat de 1 milliard d'euros pour le Louvre Abou Dhabi a ouvert les vannes. L




