Menu
Libération
Arts plastiques

Dubuffet, chemin de traverse

Réservé aux abonnés

Dans le Finistère, le fonds Hélène et Edouard Leclerc dresse un portrait en version subversive, présentant conjointement les deux collections de l’artiste, celle de sa fondation et celle donnée aux Art décoratifs. Une première.

ParStéphanie Estournet
envoyée spéciale à Landerneau (Finistère)
Publié le 29/09/2014 à 18h16

De l'œuvre de Jean Dubuffet, on connaît les bonshommes bleu, blanc, rouge, sorte de puzzles dynamiques, légers et modernes de la série l'Hourloupe. On ne sait trop dire où, mais il semble qu'ils aient toujours fait partie de nos paysages urbains, eux et leurs acolytes construits à l'identique, sculptures monumentales ou décors. Pour les moins jeunes d'entre nous, il y a le souvenir du Salon d'été, un aménagement commandé à l'artiste par Renault qui les opposa, à la fin des années 70, devant les tribunaux, suite à la volonté du constructeur automobile d'abandonner finalement le projet. Peut-être sait-on aussi le rôle fondamental de Jean Dubuffet dans la mise en lumière de l'art brut (l'expression est de lui), ses recherches sur le sujet dès les années 20, ses premiers voyages prospectifs dans les hôpitaux psychiatriques suisses post-Seconde Guerre mondia

C'est pourtant un Dubuffet méconnu que montre, jusqu'au 2 novembre, le fonds Hélène et Edouard Leclerc aux Capucins, à Landerneau (Finistère). Regroupées pour la première fois en un même lieu, les deux collections de l'artiste, celle de sa fondation et celle des Arts décoratifs (lire ci-contre), dessinent le parcours d'un peintre et plasticien indissociable du XXe siècle (1901-1985). Bâtisseur d'une œuvre en opposition avec les critiques, plus proche des intellectuels que des artistes eux-mêmes, c'est un homme volontaire que l'on devine, qui, à plusieurs reprises, suspend ses activités art

Dans la même rubrique