Prenez Proust, qui se baladait au bois de Boulogne, le Jardin d’Acclimatation, le Grand Palais au loin, le ciel de Paris, les arbres, l’ancien Palmarium en verre… Voilà les éléments des contextes historique, industriel et organique qui ont inspiré Frank Gehry pour imaginer la Fondation Louis Vuitton.
Mais comme le commanditaire de cette fondation d'entreprise est Bernard Arnault, patron du groupe LVMH, la communication autour de ce geste du siècle manie le superlatif. L'image virtuelle de la peau de cet édifice - nuage, oiseau, voilier, iceberg, chrysalide ? - a déjà beaucoup navigué. C'est le musée «le plus complexe» de Gehry. Les chiffres se bousculent - 12 voiles de verre, 11 700 m2 de surface, 3 800 m2 d'espaces muséographiques, 19 000 plaques de béton blanc fibré (Ductal), 13 500 m2 de verrière, 60 maquettes, 30 brevets, une centaine d'ingénieurs, architectes et informaticiens, 1 000 ouvriers - pour attester que l'édifice est une prouesse hors norme. C'est exact. Mais quel tintamarre, avant même que le lieu n'ait déployé ses ailes.
Kaléidoscope. Alors on se calme, et on repart à zéro. Vers l'avenue du Mahatma-Gandhi, c'est d'abord une sorte de gros nez gris, celui d'une baleine-obus prête à bondir au-dessus des arbres, qui apparaît. Côté Bois, face à elle, la carapace se présente frontale, de ses 45 mètres de haut, massive, même avec ses parements de miroirs brisés. C'est quand on en fait le t




