En 786, la tribu des Alides, s’étant soulevée contre le califat, fut proprement massacrée à Fakh, près de la Mecque. Blessé, un descendant de Mahomet du nom d’Idriss se fit soigner dans la montagne, avant de se cacher en Egypte, d‘où il put s’enfuir au Maroc. Prédicateur, installé dans les ruines romaines de Volubilis, il parvint à fédérer des tribus berbères, avant de se faire assassiner par un homme de main envoyé de Bagdad. C’est par cette épopée que s’ouvre le Moyen Age de la «Méditerranée extrême» que le Louvre propose d’aborder.
Idriss passe pour le fondateur du royaume marocain, au point d'éclipser son fidèle compagnon, Rachid. En fait, peut-être un esclave affranchi, celui-ci joua un rôle au moins aussi crucial puisque, après la mort de son souverain, il fit de Fès sa capitale. Il pourrait être le père d’Idriss II, qui donna toute sa puissance à ce royaume.
Légendes. Le catalogue restera comme un ouvrage de référence : c'est la première fois qu'est proposée une exposition sur cette époque confuse et toujours malaisée à aborder en raison des sensibilités politiques. Le médiéviste Chafik Benchekroun souligne la difficulté à distinguer la réalité de l'imaginaire dans cette genèse d'une nation : faute de documents fiables, «seul un ersatz de connaissance est disponible sur l'histoire idrisside», prévient-il dans la revue Al-Masaq. Les légendes sont encore vivaces de nos jours. L'édification à Fès, dès le IXe




