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Disparition Le peintre espagnol Eduardo Arroyo pose le pinceau

Publié le 15/10/2018 à 20h36

C’est une peinture d’avant-poste plus que d’avant-garde qu’aura menée pinceau battant Eduardo Arroyo. Une peinture immédiate et trépidante, aimantée par l’actualité politique des années 60 et 70, qui impliquait pour cet artiste, passé en France pour fuir l’Espagne de Franco en 1958, de délaisser quelque peu des détours esthétiques vainement subtils de l’abstraction. Eduardo Arroyo est mort dimanche, à Madrid, à l’âge de 81 ans.

Autodidacte, il avait rencontré tôt à Paris ceux qui allaient balayer d'un coup de pinceau vif et engagé l'Ecole de Paris et ses toiles lyriques, mais aussi Marcel Duchamp et ses ready-made, trop détachés de l'histoire, de l'ici et du maintenant. En exil, il ne quittait pas l'Espagne fasciste des yeux, livrant une toile intitulée Guernica en 1970. En 1977, rentré au pays, il dépeint son désarroi et ses difficultés à reconnaître sa terre natale. Puis sa peinture prend de la distance en portraiturant, avec un trait plus caricatural, des figures historiques de penseurs ou de personnages de fiction. Sa dernière expo, en 2014, avait pour titre apaisé «La parole est à la peinture». Photo Joël Saget. AFP

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