C’est parce qu’elles sont juives ou fiancée à un Juif que Jeanne Mandello (née à Francfort, en Allemagne, en 1907), Hildegard Rosenthal (née en Suisse, en 1913, mais enregistrée comme allemande) et Grete Stern (née à Wuppertal, en Allemagne, en 1904) s’exilent en Amérique du Sud pour fuir le nazisme dans les années 30 ; ce n’est pas indiqué dans l’exposition, mais ce point essentiel lie le destin de ces trois femmes rassemblées à la Maison de l’Amérique latine. Toutes trois photographes, elles trouveront en Uruguay pour Jeanne Mandello, au Brésil pour Hildegard Rosenthal et en Argentine pour Grete Stern, la possibilité de continuer à exercer leur métier. Chacune dans un style très différent : Jeanne Mandello poursuit les techniques en vogue en Europe (solarisation, photogramme) après avoir dû quitter son studio de Francfort et son atelier parisien. Prise dans la rafle des «femmes indésirables», elle travaillait entre autres pour Balenciaga. Hildegard Rosenthal, après avoir étudié avec le pionnier du Leica Paul Wolff en Allemagne, pratique le photojournaliste à São Paulo. Enfin, la plus connue, Grete Stern, mettra à profit les enseignements du Bauhaus en Argentine. Ses désopilants photomontages surréalistes illustrent une rubrique de psychologie dans la presse du cœur. C’est toute la palette de la photographie de l’entre-deux-guerres qui s’épanouit de l’autre côté de l’Atlantique.
Critique
Photo Trois regards de femmes après l’exil
Jeanne Mandello, Hildegard Rosenthal et Grete Stern, toutes trois réfugiées en Amérique du Sud pour fuir le nazisme, sont exposées à Paris.
Publié le 09/11/2018 à 17h06
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