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Libération
Bleu (5/6)

Objets à la coule

Tout l’été, «Libération» décline les couleurs de l’arc-en-ciel par le prisme de photographes. Aujourd’hui, Elspeth Diederix.

«Ultramarine» (Red chairs), 2001-2014, d'Elspeth Diederix.
Publié le 29/07/2015 à 17h26

Théâtre d'objets en version aquatique, la série d'Elspeth Diederix Ultramarine tire son nom du pigment bleu que l'on associe à la couleur des océans. Histoire d'amitié et de passion sous-marine, cette série est le fruit d'un travail acharné et minutieux qui s'étale sur plus de dix ans (de 2001 à 2014).

En 1998, Elspeth Diederix et Maura Biava sympathisent sur les bancs de l’Académie royale des Beaux-Arts (Rijksakademie) d’Amsterdam où elles se découvent une passion commune pour la plongée. Après une première expédition en Italie, elles décident de collaborer sur leurs projets respectifs. Cela les emmènera sur les côtes de Sardaigne et de la mer Rouge, en Egypte, ainsi qu’à Cozumel, au Mexique.

S’intéressant à la relation qui lie les hommes aux objets, Elspeth Diederix se passionne pour la transformation que les fonds marins entraînent sur certains objets. Placée sous l’eau, chaque chose devient une autre, au-delà du fait qu’elle flotte ou coule. Une nappe, par exemple, peut se changer en drapeau. Parfois, l’artiste fait aussi directement référence au monde aquatique comme avec ce carrousel de petits chevaux bleus qui se déplacent en banc serré tels des poissons.

D’une certaine façon, les chaises de jardin en lévitation aquatique évoquent aussi cette communion qui existe entre les espèces, plongeurs compris. On peut aussi penser qu’on vient s’y installer pour parler pollution… Pas du tout, cette série est plutôt une ode au plastique, matériau coloré et luisant, très photogénique sous l’eau. Bien sûr, il aura fallu des mètres et des mètres de fils de pêche, des poids et tout un tas d’autres trucs et tuyaux, sans parler de la patience et de l’angoisse ! Cette série a été réalisée sans aucune retouche numérique.

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