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Libération
Jaune (3/6)

Riez jeunesse

Tout l’été, «Libération» décline les couleurs de l’arc-en-ciel par le prisme de photographes. Aujourd’hui, le trio Gorsad Kiev.

«Boys Don’t Cry», Gorsad Kiev, 2014. (Photo Gorsad Kiev)
Publié le 03/08/2015 à 18h16

Gorsad Kiev sonne comme un cri de guerre (ou comme un slogan libérateur). Mais non, c’est le nom d’un insolent trio ukrainien composé de trois photographes vidéastes, deux garçons (Victor et Julian) et une fille (Maria). Provocants, second degré, portés sur le sexe, mais aussi sincères et délicats, les Gorsad Kiev ont du chien (sur leur logo d’ailleurs). Gorsad, qui signifie «cité-jardin» en ukrainien, est une place d’Odessa sur laquelle s’est scellée leur amitié lors d’une aventure mystérieuse.

Depuis huit ans, ils collaborent en toute liberté et de manière interchangeable. Leur studio en banlieue de Kiev fait face à un cimetière. L'été, ils gonflent la piscine et picolent. Leur credo : la permissivité de la jeunesse est un remède contre les pires situations. Ils ouvrent donc leur porte à «ceux qui ne sont pas pressés de plaire» : des garçons, principalement, qui se rebellent, fument, zonent ou fuient l'école. Regroupées en séries comme «Boys Don't Cry» (2014) ou «School Sucks» (2014) réalisée pour une marque ukrainienne de vêtement, ces photos ne sont pas bien comprises dans leur pays. En revanche, comparés à Nan Goldin ou aux Synchrodogs, ils sont largement diffusés sur le Web.

Leurs natures mortes punk sont le résultat d’une hybridation : ustensiles (pin’s, chaîne, gode) + nourriture (citrons, galette, pied de porc, etc.). Spontanées comme une blague, ces images titillent. Les Gorsad Kiev ont eu plusieurs expositions à Barcelone, Berlin ou Malmö, auxquelles, étant donné la situation en Ukraine, ils n’ont malheureusement pu se rendre.

Demain: Marilyn MINTER

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