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Libération
Jaune (5/6)

Natures fortes

Tout l’été, «Libération» décline les couleurs de l’arc-en-ciel par le prisme de photographes. Aujourd’hui, Lucas Blalock.

Publié le 05/08/2015 à 17h06

On commence par une curieuse banane cartonnée qui tangue sur un support de métal. Sur une autre image, on dirait un détail de tuiles en bois. Sur la dernière, verte et jaune, on ne reconnaît plus rien, c’est comme gribouillé. Est-ce encore de la photographie ? Bien sûr, pour l’artiste américain Lucas Blalock, mais d’une nouvelle façon. Tout d’abord, l’image numérique est la clé pour comprendre ce type d’œuvre. Blalock utilise autant le logiciel Photoshop que sa chambre photographique ou son studio. Ces trois outils impliquent de multiples gestes et décisions. En ce sens, sa pratique est plus proche de la peinture (ses différentes strates) que de la photographie classique : cela n’a plus rien à voir avec l’instant décisif ! Sur une vidéo, on voit Lucas Blalock travailler comme un gamin à toute vitesse dans son studio-salon de Williamsburg, à New York : il installe une nappe, des haricots plats, change le fond, plastique marron, ramène une forme sèche et curieuse, etc. Les objets de l’ordinaire l’intéressent pour leur forme (pneus, briques, saucisses), leur texture (les éponges, par exemple), leur couleur ou leur motif. Il cite le théâtre épique de Bertolt Brecht comme source d’inspiration et, pour les photographes, Jan Groover, Paul Strand, Paul Outerbridge ou Wolfang Tilmans. Depuis huit ans, ils sont plusieurs comme lui - Elad Lassry, Roe Ethridge, Jessica Eaton… - à renouveler la photographie de studio en version numérique.

Demain: Julien Mauve

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