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Libération
Vert (3/6)

A tous les rayons

Tout l’été, «Libération» décline les couleurs de l’arc-en-ciel par le prisme de photographes. Aujourd’hui, Romain Courtemanche.

«Le rayon vert» (2014) de Romain Courtemanche (Photo Romain Courtemanche)
Publié le 10/08/2015 à 18h06

A propos du rayon vert, l’important c’est d’y croire. Pour échapper à un mariage ennuyeux, l’héroïne du roman de Jules Verne (1882) déclare qu’elle ne se mariera qu’après avoir vu le rayon vert. Un siècle plus tard, Eric Rohmer reprend le thème avec Delphine, qui a la révélation de l’amour à la vue du phénomène.

En 2014, le photographe Romain Courtemanche, accompagné de son ami Manuel, part en explorateur, déterminé à le trouver. Suite à un appel à candidature organisé par la galerie associative Phot'œil, il choisit de réaliser une série fictive à Cerbère (Pyrénées-Orientales) autour de l'hôtel Belvédère du Rayon vert, un magnifique bâtiment «de style paquebot» construit dans les années 30.

Les portraits de l'ami Manuel succèdent aux couchers de soleil, des événements surnaturels adviennent, contrebalancés par d'authentiques natures mortes. Cinéphile, Romain Courtemanche a pensé sa série comme un récit initiatique. Il cite Andreï Tarkovski pour évoquer la photographie en lévitation plutôt que la photographe Sam Taylor- Wood et sa série d'autoportraits suspendus (même s'il la connaît). A propos du film d'Eric Rohmer, il a trouvé la preuve que le rayon vert a bel et bien été filmé. Philippe Demard, crédité «Coucher de soleil» au générique du film, expliquera en effet à Libération, en 1998, qu'il s'était rendu aux îles Canaries six mois après la fin du tournage et qu'il l'avait filmé dès le premier soir. Une jolie preuve pour y croire encore.

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