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Libération
Vert (5/6)

Falaise béton à Lima

Tout l’été, «Libération» décline les couleurs de l’arc-en-ciel par le prisme de photographes. Aujourd’hui, Ricardo Yui.

«La Costa Verde» (2010-2014) de Ricardo Yui. (Photo Ricardo Yui)
Publié le 12/08/2015 à 17h06

La Costa Verde péruvienne n’est pas bien verte. Ce n’est pas sa couleur naturelle. Construite au pied de la falaise qui sépare Lima du Pacifique, son environnement est poussiéreux. En tout cas, bientôt, ce sera la grande plage de la ville sur laquelle les 9 millions d’habitants pourront venir s’ébahir, au lieu de regarder la mer d’en haut, comme des mouettes. Le photographe péruvien Ricardo Yui, qui a quitté son pays à l’âge de 25 ans pour se perfectionner à l’Ecole nationale supérieure de la photographie d’Arles, s’intéresse au projet depuis 2010 ou, plus précisément, depuis le jour où il a observé cette flotte incessante de camions déversant terre, cailloux et gravats au pied de la falaise. Il documente ainsi le processus de transformation d’un territoire vierge.

Ô quête de la modernité ! Ses séries de photos et de vidéos montrent ces interminables allers-retours menés par des pelleteuses vrombissantes et ces petits hommes silencieux qui passent derrière et ramassent les débris. Cette répétition semble absurde, inutile et insignifiante. Le propos du photographe est acerbe, car ce territoire a été abandonné pendant une trentaine d’années pour devenir un dépotoir. Aujourd’hui, le gouvernement veut repousser les limites de la côte avec ses décombres.

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