Couple idéal, l’objet et la couleur eurent beaucoup d’enfants, dont Camille Henrot parmi les petits derniers. Est-ce que ces images ne vous rappellent pas le jeu de Memory (avant que Disney ne mette le grappin dessus) ? Le photographe Neil Winokur s’intéresse en effet à cet aspect enfantin des choses puisqu’il a réalisé un alphabet exposé en 2007 chez sa galeriste, Janet Borden.
Toutefois, il faut aller plus loin pour comprendre. Regardons l’objet : disposé face à l’objectif, il est à son avantage, sur un fond coloré rayonnant, l’éclairage l’embellit telle une star hollywoodienne, c’est son quart d’heure de gloire. Reprenant l’idée warholienne sur la célébrité, Neil Winokur défend ce point de vue : l’objet peut devenir une icône, comme n’importe qui.
Dans les années 80, le photographe a justement réalisé le portrait d’Andy Warhol de la même manière que ses objets : sur fond de couleur unie, afin qu’on puisse se concentrer sur son visage, neutre, l’homme tel quel. Il a ainsi photographié ses amis, dont certains sont devenus célèbres (Cindy Sherman, Robert Mapplethorpe…). Puis il leur a demandé d’apporter des objets. Un écrivain est venu avec un livre, le musicien Jon Hassell a fait poser sa trompette… Toutes sortes d’objets ont atterri chez lui.
Bien sûr, tous appartiennent à quelqu'un, mais en images, ils sont à tout le monde : un œuf, un globe, un blaireau (pour certains, c'est une période). C'est ainsi que les portraits d'objets ont commencé. Puis, il a fait des portraits de chiens. C'est finalement sa dernière trouvaille en termes de série car, comme il le dit, «trouver une idée, c'est comme chercher une petite amie, c'est impossible, il faut tomber dessus, et c'est rare».




