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Le coût de la vie étudiante a-t-il augmenté ou diminué cette année ?

Une étude de la Fage annonce une baisse du coût de la rentrée tandis qu’une étude de l’Unef annonce une hausse du coût de la vie étudiante.

Des étudiants prennent des notes lors d'un cours dans une université de Lyon (France) le 18 septembre 2015 (Photo JEFF PACHOUD. AFP)
Publié le 30/08/2018 à 12h51

Question posée sur Twitter le 29/08/2018

Bonjour,

La question fait référence à deux chiffres concernant les étudiants qui circulent à l’approche de la rentrée universitaire.

D'un côté, l'Unef a publié une étude qui estime à 1,31 % la hausse du prix moyen de la vie étudiante en France pour l'année 2018. Le syndicat étudiant de gauche identifie deux facteurs principaux de hausse, qui dans huit villes se combinent : l'augmentation des prix des loyers et celle des abonnements de transports en commun.

De l'autre, la Fédération des Associations générales étudiantes (Fage) a publié son étude annuelle sur le coût de la rentrée universitaire et formule un constat : il est en baisse pour la première fois depuis 2002. En cause, notamment, «la fin du régime de sécurité sociale étudiant (RSSE) et leur rattachement au régime général de la caisse national d'assurance maladie» qui entraîne «la suppression de la cotisation de 217€ de frais de sécurité sociale que payaient les étudiants». Une réforme qui s'inscrit dans le cadre de la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) que la Fage a soutenue tandis que l'Unef y était opposée.

La différence entre les deux s'explique en fait par la différence d'objet d'étude, explique l'Unef contactée par Check News. «La Fage calcule en gros le coût du mois de septembre, alors que nous c'est sur toute l'année. C'est un choix politique de notre part : même si la rentrée peut effectivement être un moment très compliqué, la précarité c'est tout au long de l'année», précise Mélanie Luce, vice-présidente du syndicat.

L’effet de suppression de la cotisation santé, jusqu’ici payée à la rentrée, est donc moins important dans l’étude de l’Unef (puisque lissé sur 12 mois). L’Unef prend par ailleurs en compte des dépenses non comptabilisées par la Fage, comme la taxe d’habitation par exemple.

«Le coût de la rentrée est un indicateur, pas une moyenne»

Autre différence : les profils retenus. «Dans notre étude, on prend en compte quatre profils différents, pour refléter les différences de situation des étudiants. L'augmentation du coût de la vie n'est pas le même pour les moins de 20 ans et les plus de 20 ans par exemple, ou entre ceux qui habitent encore chez leurs parents et les autres. Ça nous permet de montrer cette année que l'augmentation est plus forte pour les plus précaires et les plus jeunes», détaille la vice-présidente de l'Unef.

De son côté, la Fage prend en compte le profil «majoritaire» : un étudiant à l'université de 20 ans, non boursier et qui n'habite pas chez ses parents. «Le coût de la rentrée est un indicateur, pas une moyenne. Cela permet notamment de suivre une évolution puisqu'on n'a pas changé de méthode depuis 15 ans», explique le président du syndicat, Jimmy Losfeld.

La confusion entre les deux études a notamment été entretenue par une dépêche AFP qui opposait les deux études en indiquant que celle de l'Unef avait «conclu à une augmentation du coût de la rentrée universitaire» (alors qu'elle ne porte pas sur le coût de la rentrée).

Cordialement,

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