Question posée sur Twitter le 03/11/2019
Bonjour,
Vous faites référence à une photo tweetée, notamment, par l’un des responsables du collectif national des cheminots du PCF, Thomas Portes. Sur la photo en question, une centaine de personnes, très majoritairement des hommes, ont le bras droit et la main tendus, référence au salut fasciste et nazi.
Photo hallucinante prise lors de la fin du meeting de la Phalange espagnole à l'Athénée de Madrid la semaine dernière.
— Thomas Portes ✊ (@Portes_Thomas) November 1, 2019
Ils chantent " cara al sol" l'hymne fasciste du franquisme en faisant le salut nazi. Non l’Espagne n’a pas réglé son passé. pic.twitter.com/czRAB5ci56
Cette photo a été prise le 26 octobre dernier à Madrid dans un institut culturel privé espagnol, l’Athénée de Madrid (ou Ateneo de Madrid).
Comme l'a depuis expliqué le quotidien espagnol El Pais, la Phalange, pilier du régime du dictateur Franco, commémorait sa création. Le mouvement a, en effet, été créé en octobre 1933 par José Antonio Primo de Rivera, fils de Miguel Primo de Rivera, dictateur d'Espagne de 1923 à 1930.
Une vidéo, postée sur le compte officiel du mouvement, montre la scène dont est issue cette photo. On y voit une centaine de membres de la Phalange, bras et main tendus, chanter «Cara al Sol», hymne guerrier devenu par la suite l’un des symboles du franquisme.
En el Ateneo de Madrid, el Himno de la Falange, el Cara al Sol, letras de esperanza y amor, también de combate por España:
— La Falange▪️ADÑ (@lafalange) October 27, 2019
"Volverán banderas victoriosas...
...que en España empieza a amanecer."
*Próximamente discursos y más publicaciones. #Vuelveacreer #Somosfalangistas pic.twitter.com/auyeGfX5a8
Face à la polémique, le centre culturel privé, El Ateneo, a dû se justifier, expliquant être une institution ouverte à toutes sortes de sensibilités politiques ou religieuses. Pourtant, en 2018, comme l’explique encore El Pais, le même lieu avait été refusé au parti politique de gauche Podemos, à ERC (la Gauche républicaine de Catalogne) et à plusieurs syndicats, qui souhaitaient organiser un évènement commun pour réclamer la libération des prisonniers indépendantistes catalans.
Cette polémique crée par les nostalgiques du franquisme s'inscrit dans un contexte particulier en Espagne, à deux semaines des élections législatives : le chef du gouvernement Pedro Sanchez a fait extraire la tombe de Franco de son mausolée monumental pour la déplacer près de Madrid, dans un lieu bien plus discret, le cimetière de Mingorrubio, où se trouve le caveau familial.
Une décision qui avait été accueillie avec colère par les nostalgiques du régime, qui, deux jours avant la réunion de l'Ateneo, avaient déjà chanté, bras tendus, l'hymne de la Phalange, près du cimetière en question. Tandis que dans le centre de Madrid, plusieurs dizaines de proches de victimes du franquisme avaient manifesté leur joie en faisant sauter des bouchons de vin pétillant.
Cordialement
Edit du 15 novembre à 15h : changement de "une dizaine de personnes" en "une centaine" suite à la remarque d'un lecteur.




