Question posée par Guillaume, le 12/02/20
Bonjour,
Vous nous avez interpellés à propos de la chronique de l'éditorialiste de France Inter, Thomas Legrand, ce mercredi 12 février. Celui-ci s'intéressait aujourd'hui à la violence contre les élus et candidats aux municipales. «Ces derniers mois, on avait constaté une particulière agressivité envers les élus de la majorité. On avait mis ça sur le compte d'une radicalisation de l'opposition politique», raconte le journaliste avant de pointer que, désormais, «tous les partis sont agressés». Prenant l'exemple de l'agression d'un candidat insoumis dans le Pas-de-Calais, Gautier Weinmann, fin janvier, il enchaîne avec le chef de file du même parti : «Jean-Luc Mélenchon lui-même a quitté une manifestation contre la réforme des retraites sous les huées, les insultes, traité de "sale politique", fonction devenue elle-même dégradante pour les plus acharnés antisystème.»
Vous nous demandez à quelle manifestation Thomas Legrand fait référence.
@CheckNewsfr ? @beestoufly @JeanHugon3
— Se Guillaume (@elguillaume_se) February 12, 2020
Salut, un de vous peut vérifier et dénoncer cette fake new si fake new il y a? Vous aurez beaucoup plus d'échos.Voir la chronique de Thomas Legrand sur France inter ce matin.Impression qu'il y a mélange avec marche pour Mireille Knoll
De fait, on ne retrouve pas de manifestations récentes sur les retraites de laquelle Jean-Luc Mélenchon aurait été insulté au point de devoir la quitter. En 2018, la présence du leader insoumis a fait réagir lors de deux défilés.
Le premier, en mars 2018, lors de la marche contre l'antisémitisme après la mort de Mireille Knoll, cette femme juive de 85 ans tuée à son domicile parisien le 23 mars 2018. Après que le Crif avait fait savoir qu'il ne souhaitait pas la présence de Jean-Luc Mélenchon lors de cette marche blanche, le député des Bouches-du-Rhône, qui s'y était quand même rendu, avait dû quitter la manifestation assez rapidement. La vidéo des huées a été récemment repartagée, notamment par des internautes entretenant la confusion sur la date à laquelle elle aurait été filmée.
Jean-Luc #Melenchon et ses collègues #Insoumis ont quelques difficultés à faire passer leur message auprès de certains militants aussi violents verbalement que savent l’être ses adeptes vis à vis de la majorité présidentielle.
— Mike Bresson 🇪🇺🇫🇷 #Macron2022 (@Mike_Bresson) February 6, 2020
Ça fait mal d’être insulté ?pic.twitter.com/J2Y8svv0Zf
Un mois plus tard, en avril 2018, Jean-Luc Mélenchon se rend à une manifestation de cheminots contre la réforme de la SNCF. Dans un premier temps, BFM TV et l'AFP expliquent que le député insoumis, après s'être fait insulter, a quitté la manifestation. Comme CheckNews l'expliquait à l'époque, Jean-Luc Mélenchon avait expliqué avoir quitté le cortège pour se rendre aux questions au gouvernement. S'il avait en effet essuyé quelques insultes, il avait aussi multiplié les selfies et poignées de mains lors de ce défilé. Parmi les huées, on avait entendu : «Dehors les socialistes !» ou «On vous déteste». Le député avait alors répondu : «T'as raison, t'es tellement bourré que tu sais même pas reconnaître un socialiste.»
"Dehors", "On vous déteste", "Charognard" ... Jean-Luc Mélenchon insulté lors de la manifestation en soutien aux cheminots à Paris pic.twitter.com/kClr5GMDix
— BFMTV (@BFMTV) April 3, 2018
A aucun moment dans ces deux manifestations, on entend Jean-Luc Mélenchon se faire traiter de «sale politique».
Contacté par CheckNews, Thomas Legrand reconnaît avoir confondu avec le premier épisode, celui de mars 2018. «J'ai vu le tweet du 6 février sur la violence des manifestants, et dans le contexte des manifestations sur les retraites, j'ai cru que c'était à cette occasion. C'est d'autant plus rageant que dans cette même chronique, je critiquais les réseaux sociaux», reconnaît l'éditorialiste. Il indique par ailleurs qu'il fera un rectificatif à l'antenne jeudi 13 février.
Cordialement




