Question posée le 22/02/2020
Bonjour,
Vous faites référence à un article de Valeurs actuelles, publié ce 22 février sur le site de l'hebdomadaire. Celui-ci révèle le contenu d'une lettre que l'écrivain et avocat Juan Branco aurait envoyé au terroriste Salah Abdelsam en octobre 2016, alors que celui-ci était détenu à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. Et que ses avocats venaient de renoncer à assurer sa défense.
«Je n'ai jamais partagé la position de votre avocat bruxellois et de ses confrères. Vous dégrader ne sert à rien. Je vous encourage donc à poursuivre dans votre voie, mais vous recommande de vous faire accompagner», peut-on lire dans cette lettre, reproduite par Valeurs actuelles, avec la signature de l'avocat à la fin. «Il n'y a aucune raison de s'insérer dans le système tel qu'il existe aujourd'hui, de le contester de l'intérieur. Aucune raison pour vous de collaborer. Mais, de même, aucune raison de donner votre destin gratuitement. Le sacrifice, vous l'avez déjà fui. Cela vous pèse peut-être. Trop tard», lit-on aussi.
Puis encore : «J'ai votre âge, et je suis un enfant que ce pays ne considère jamais comme sien. Je suis un fils d'immigré. J'ai fait le choix de la résistance. Celle de l'intérieur. Vous, de la violence. Celle de l'extérieur. Nos choix ne sont pas compatibles. Ils ne sont pas partageables.»
La lettre se conclut ainsi : «Défendez-vous. Par-delà le dégoût, la rage, la haine. Ces dossiers sont traitables. La confidentialité se trouve là où on ne le croirait pas. Il est possible de se protéger. Lancez-vous. Protégez-vous. Je reste à votre disposition.»
Juan Branco, un temps avocat de Piotr Pavlenski, à l'origine de l'affaire Griveaux, est-il l'auteur de cette lettre ? Oui, comme il l'a répondu ce matin au micro de Sud Radio.
«Ce n’était pas une erreur»
«Etait-ce une erreur ?» demande le journaliste de la station. Réponse de Branco : «Ce n'était pas une erreur. Pas du tout, au contraire. Je prends la robe qu'on essaie de me retirer pour permettre à ceux qui ne sont pas défendables d'être défendus.»
Toujours sur le même sujet, il explique «revendiquer ce courage, y compris quand on sait très bien que ces lettres seront interceptées et seront utilisées un jour par un pouvoir aux abois». «Dans cette situation, estime-t-il, on essaye d'utiliser cette correspondance pour essayer de dégrader un avocat qui est par ailleurs défenseur d'une autre personne, Piotr Pavlenski, qui a évidemment fait tomber l'un des piliers de la macronie, pour de bonnes ou de mauvaises raisons.»
Cordialement




