Menu
Libération
checknews

Certains commerces, comme des fleuristes ou cavistes, ont-ils rouvert récemment ?

Les fleuristes peuvent uniquement vendre des fleurs sur commande ou en livraison, mais les cavistes ont toujours été autorisés à rester ouverts. Certains rouvrent progressivement.

Une fleuriste prépare des livraisons, à Paris, le 17 avril. (FRANCOIS GUILLOT/Photo François Guillot. AFP)
Publié le 21/04/2020 à 10h06

Question posée par Serge le 20/04/2020

Bonjour,

Vous nous faites part de votre étonnement en constatant, ces derniers jours, la réouverture de certains commerces de proximité qui avaient, depuis le début du confinement, gardé leurs portes closes. Vous citez, notamment, «la fleuriste, le chocolatier, et le Nicolas», du nom de la chaîne de cavistes, de votre rue.

Tout d'abord, et pour rappel, les chocolateries et cavistes sont listés parmi les commerces pouvant continuer à accueillir du public, dans le premier décret du 15 mars, puis celui du 23 mars, sur le confinement. Quarante-sept activités y sont listées, dont celles de «commerce de détail de pain, pâtisserie et confiserie en magasin spécialisé». Les chocolateries appartiennent à cette catégorie.

Les cavistes, eux, sont autorisés à ouvrir au titre de «commerce de détail de boissons en magasin spécialisé». En ce qui concerne précisément la chaîne Nicolas, que vous évoquez dans votre question, celle-ci avait décidé dans un premier temps de fermer malgré tout l'ensemble de ses enseignes. «Nous avions pris la décision de fermer alors que nous étions autorisés à rester ouverts, car nous ne savions pas comment nous organiser, explique aujourd'hui le caviste. Pendant la première semaine de confinement, nous avons réfléchi à un plan de sécurité adapté, pendant la deuxième semaine, nous avons demandé à une vingtaine de cavistes volontaires de rouvrir en testant ce plan, et depuis le 1er avril nous rouvrons progressivement nos magasins.»

Réouverture progressive

Sur les 500 boutiques Nicolas en France, 370 étaient partiellement rouvertes ce lundi 20 avril. «Nous laissons les gérants s'organiser, de manière autonome, et décider de la réouverture ou non. Ils doivent respecter certaines mesures, comme ne laisser entrer qu'un seul client à la fois, et les clients ont interdiction de toucher les bouteilles», explique la société, avançant qu'à terme, un petit nombre de boutiques resteront closes, principalement pour des raisons de santé.

Notons toutefois que, dans plusieurs communiqués publiés fin mars, la Confédération Générale de l'Alimentation en Détail (CGAD) se plaignait que certains cavistes, brasseurs ou chocolatiers aient été mis en demeure de fermer par les forces de l'ordre, qui jugeaient leurs activités non-essentielles. Qu'en est-il aujourd'hui ? La secrétaire générale de la CGAD, Isabelle Bricard, explique avoir «moins de retours». «Il y a eu certaines confusions à cause d'une mauvaise lecture du caractère "essentiel", mais nos commerces étaient bien autorisés à rester ouverts.» Si certains d'entre eux ont essayé de rester ouverts au début du confinement, d'autres ont abandonné au bout d'une semaine, les chocolatiers ont rouvert vers Pâques, et certains rouvrent actuellement. Au début du confinement, 83 % des commerces de proximité (hors hôtellerie-restauration) étaient ouverts (dont 11 % uniquement en livraison), selon un sondage du CGAD auprès de 1 500 entreprises répondantes. Les résultats d'une nouvelle enquête devraient être publiés en fin de semaine.

Fleurs en livraison

Concernant les fleuristes, ils ne font pas partie des commerces autorisés à accueillir du public. Mais, comme les libraires, certains commerçants ont décidé de maintenir leur activité par livraison, ou par commande, allant jusqu'à inventer le concept de «drive piéton». C'est le cas par exemple de la boutique Alésia Fleurs, dans le XIVarrondissement de Paris. «Au début, j'étais fermé, il n'y avait pas un seul fournisseur à Rungis. Aujourd'hui, il y en a trois. Je n'ai pas grand-chose, principalement des fleurs coupées, des roses et quelques géraniums pour les jardinières. On a eu la chance de trouver un fournisseur dans le sud de la France pour les lilas. Mais les clients, quand ils viennent chercher leur commande, ne rentrent pas dans la boutique, ils doivent rester sur le pas de la porte», explique le fleuriste. Une consigne confirmée par le président de la Fédération française des artisans fleuristes, Florent Moreau.

Sur les 12 000 fleuristes français, il estime qu'environ 20 % ont maintenu une activité par livraison ou drive. «On a sollicité une tolérance pour pouvoir ouvrir le 1er mai, pour le muguet, et demandé une ouverture anticipée avant le 11 mai, explique Florent Moreau. Mais nous n'avons pas encore eu de réponse pour l'instant.»

Si vous avez pu aller en jardinerie, c'est parce que celles-ci, au motif d'exercer aussi une activité d'animalerie ou de quincaillerie, ont pu rester ouvertes selon le décret du 15 mars. Par ailleurs, le 1er avril, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré que les plants potagers étaient considérés comme des produits de première nécessité. Mais cela ne concerne pas les fleurs.

Cordialement

Dans la même rubrique