Une série de vidéos visant l’ONG Amnesty International sont régulièrement publiées en ligne depuis le 25 avril. Sur chacune d’elles, on peut voir des petites et des jeunes filles portant le hijab, ainsi que le logo d’Amnesty. Certaines vidéos affichent également des sourates du Coran.
Un peu ambigu cette publicité Amnesty International . Traduction : Le port du Hijab ne devrait jamais être forcé ou interdit . Mettre le hijab à une enfant de 6 ans pour qu elle se marie à un islamiste à 9 ans ? Je sais bien qu une partie de l électorat de LFI est pour… pic.twitter.com/KAdrtvyMY9
— Patricio Andolini 🇨🇵🇮🇹 🇮🇱 ⚡️PFM Soutien FDO⚡ (@Corleone040480) April 25, 2024
En commentaires, les internautes à l’origine de ces partages décrivent une «publicité d’Amnesty International un peu ambiguë». Le 27 avril, «FranceNews24», un compte X (anciennement Twitter) relayant des informations pas toujours vérifiées, en reproduit une image, accompagné de ce texte : «INFO MONDE : Amnesty International assure la promotion du voile islamique pour les jeunes filles.» Et interpelle Damien Rieu, militant d’extrême droite.
🔴 INFO - #Monde : Amnesty International assure la promotion du #voile islamique pour les jeunes filles. #islamistes @DamienRieu pic.twitter.com/HzE32kWP3r
— FranceNews24 (@FranceNews24) April 27, 2024
L’une de ces vidéos a finalement été publiée, le 27 avril, sur le site d’extrême droite Réseau libre. Avec ce titre : «Amnesty fait la promo du voile»
Sollicitée par Checknews, l’ONG Amnesty International dénonce des «faux grossiers» sous la forme d’une «campagne organisée». En réalité, cette série de vidéos intervient après que l’organisation a diffusé un message, le 22 avril, au sujet du voile. En l’espèce, une image montrant deux visages de femmes, l’une portant le voile, l’autre non, indiquant : «Porter le hijab ne devrait jamais être ni forcé ni interdit.» C’est ce visuel qui est désormais appliqué sur les vidéos d’enfants voilées, faisant croire à une campagne officielle d’Amnesty.
Auprès de CheckNews, Johanna Wagman, chargée de plaidoyer discriminations raciales et religieuses chez Amnesty International France, précise par ailleurs la position de l’ONG au sujet des enfants. Elle assure : «Aucune restriction ne peut être apportée à la liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction en l’absence de toute contrainte, ni à la liberté des parents et des tuteurs d’assurer à leurs enfants une éducation religieuse et morale.» Mais détaille également : «En vertu du droit international relatif aux droits humains, les enfants ont également le droit de ne pas être soumis à des pressions pour porter des symboles ou des vêtements religieux ou culturels spécifiques. L’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale.» Et de conclure : «Par conséquent, toute décision concernant le port du voile par les petites filles devrait être prise dans le respect de ces principes, en garantissant leur liberté de choix et leur protection contre la coercition. C’est à l’Etat de s’assurer que ces deux volets, liberté des parents et des tuteurs d’assurer à leurs enfants une éducation religieuse et morale et non-coercition des enfants, soient respectés.»