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«Conseil de la paix» de Trump : est-il vrai que la moitié des adhérents sont privés de visas pour les Etats-Unis ?

Présentée par certains comme une organisation concurrente de l’ONU, la structure créée jeudi 22 janvier par le président américain compte plusieurs pays dont les ressortissants ne peuvent plus, pour l’instant, immigrer aux Etats-Unis.

Le «Board of peace» a été inauguré jeudi 22 janvier, à Davos. (Mandel Ngnan/AFP)
Publié le 23/01/2026 à 15h38

Depuis Davos en Suisse, le président des Etats Unis, Donald Trump, a inauguré jeudi 22 janvier son «Conseil de la paix» (en anglais «Board of peace»), un nouvel organe diplomatique dirigé par Washington pour superviser et influencer des cessez-le-feu (comme il souhaite le faire à Gaza) et, plus largement, intervenir dans des conflits internationaux.

Si la France et plusieurs autres nations européennes ont refusé d’y adhérer, lui préférant la légitimité de l’ONU, 25 pays ont accepté de siéger, autour des Etats-Unis, dans cet organe piloté donc par Trump (et dont le logo représente essentiellement l’Amérique du Nord).

Parmi eux figurent six Etats (Israël, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, l’Egypte, le Kosovo et le Pakistan) que Donald Trump cite régulièrement comme exemples de sa capacité à imposer la paix sur la scène internationale. La Russie, à qui Trump a proposé de rejoindre son club diplomatique, n’a pour l’instant pas accepté l’invitation.

Cette initiative s’accompagne toutefois d’une situation pour le moins singulière. Comme l’a remarqué le média américain The Hill, «la plupart des pays du “Conseil de la paix” de Trump sont interdits de visas d’immigration» aux Etats-Unis.

Le 14 janvier, le département d’Etat américain a effectivement annoncé la suspension du traitement des visas d’immigration pour les ressortissants de 75 pays, considérés par l’administration Trump comme susceptibles de recourir aux aides publiques aux Etats-Unis. C’est le cas notamment de la Somalie, au cœur d’un scandale de fraude sociale dans le Minnesota.

En croisant cette liste avec celle des 25 membres du «Conseil de la paix», treize pays apparaissent concernés : l’Albanie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bélarus, l’Egypte, la Jordanie, le Kazakhstan, le Kosovo, le Koweit, le Maroc, la Mongolie l’Ouzbékistan et le Pakistan. L’administration Trump n’a pour l’instant pas communiqué sur une levée de la suspension des visas pour ces membres de son nouvel outil diplomatique.

Les profils autoritaires et peu démocrates des dirigeants du «Conseil de la Paix» ont suscité des réactions, tant nombre de ces pays se distinguent par la concentration du pouvoir, l’absence d’élections libres et la répression de l’opposition. Sur les réseaux sociaux, l’initiative a ainsi été tournée en dérision, notamment par les équipes du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, la parodiant en club des méchants.

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