Début décembre, les Gazaouis qui s’étaient réfugiés dans l’école de Bani Suheila, près de Khan Younès, dans le sud de l’enclave, ont fait une mauvaise découverte. Au coin de la rue, à la hauteur du rond-point de la route Salah al-Din, qui mène jusqu’au poste-frontière de Kerem Shalom, deux cubes jaunes en béton ont été placés là. Les familles, qui venaient de trouver refuge dans l’établissement en octobre, savent bien ce que signifient ces plots : c’est la ligne jaune, invisible mais mortelle, qu’ils ne peuvent plus dépasser.
Cette ligne n’était pourtant pas censée passer là, mais à près de 600 mètres plus au sud, d’après la carte publiée par l’armée israélienne. Peu importe, les familles ont dû se déplacer de nouveau, les abris de fortune ont disparu et les bulldozers israéliens ont repris les démolitions massives dans le pâté de maisons d’à côté.
L’école de Bani Suheila est loin d’être un cas isolé. Depuis octobre, bloc jaune après bloc jaune, l’armée israélienne continue de dessiner son propre tracé de la ligne, bien plus à l’intérieur de Gaza que prévu. Condition du cessez-le-feu annoncé il y a deux m




