Il se dégage décidément de ce gouvernement un fumet assez sarkozien quant au rapport à la vérité. Après Gérald Darmanin vantant le ressenti du boucher charcutier de Tourcoing plutôt que les chiffres de l’Insee sur la délinquance, voici Jean-Michel Blanquer et les écrans plats. Dimanche, au détour d’une question posée sur l’utilisation de l’allocation de rentrée scolaire, le ministre de l’Education a eu cette phrase : «On sait bien, si l’on regarde les choses en face, qu’il y a parfois des achats d’écrans plats plus importants au mois de septembre qu’à d’autres moments.» Traduisons-le : les bénéficiaires de l’allocation crament l’argent de la rentrée scolaire au rayon hi-fi du supermarché plutôt que d’acheter des cahiers et des chaussures. Ça fait dix ans que la droite, rituellement, sert à chaque rentrée cette ritournelle antipauvre. Le seul usage des mots «écran plat» dit d’ailleurs qu’elle a cent ans d’âge. Elle date de l’époque où l’«écran plat» était cet objet dernier cri par rapport au tube cathodique (lequel a disparu depuis belle lurette). Ce marronnier mille fois entendu a été mille fois infirmé.
Billet
Rentrée des classes : les mensonges de Blanquer montent d’un écran
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Pris en flagrant délit de mensonge après avoir affirmé que les bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire claquaient l’argent dans des «écrans plats», le ministre de l’Education a préféré s’embourber plutôt que de reconnaître une maladresse. Un comble pour un gouvernement qui affirmait vouloir lutter contre la désinformation.
Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de presse du 26 août. (Chistophe Archambault/AFP)
Publié le 03/09/2021 à 19h53
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