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Bilan

L’étude de la surmortalité en France révèle-t-elle que des victimes du Covid seraient mortes dans l’année, même sans le virus ?

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Depuis le début de 2021, l’excès de mortalité est nettement inférieur au décompte des morts du Covid. Ce phénomène qui s’observait déjà, de manière moins marqué, en 2020 pourrait suggérer ce que les démographes appellent un «effet de moisson».

A Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône), le 3 avril 2020. (Clément Mahoudeau/AFP)
Publié le 23/03/2021 à 14h39

A l’heure des bilans, après un an d’épidémie, c’est un sujet qui suscite des polémiques. Des morts du Covid seraient-ils de toute manière décédés dans les semaines ou les moins suivant leur mort, même sans l’épidémie ? Dans un article récent sur l’appréciation (discutée) de la gravité du bilan humain de l’épidémie en France, nous abordions succinctement cette question du «reste à vivre» des victimes. Plusieurs études ont été menées sur le sujet. En se basant sur l’âge au décès des victimes et leurs espérances de vie, elles aboutissaient au constat que, pour plusieurs dizaines de pays, les morts du Covid auraient vécu en moyenne dix ans de plus s’ils n’avaient pas été touchés par la maladie.

Mais comme nous l’expliquions, ces études, parce qu’elles ne tiennent pas compte des comorbidités, doivent être prises avec des pincettes car elles surestiment probablement ce qu’aurait été le «reste à vivre» des personnes. En France par exemple, on considère que l’espérance de vie d’un homme actuellement âgé de 80 ans est de 9 ans. Mais cela ne signifie pas qu’une victime du Covid de 80 ans aurait forcément vécu ce nombre d’années, l’existence de comorbidités étant susceptible de réduire fortement l’espérance de vie.

L’observation des données de surmortalité fournit une autre approche du sujet, en permettant d’étudier

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