Question posée par Fabienne P. le 18/11/2025
De très nombreux médias abonnés aux dépêches de l’Agence France-Presse, dont Libération, ont relayé lundi 17 novembre un article sur les dernières estimations de l’Alliance du vaccin (Gavi) sur les efforts de lutte contre le papillomavirus. Dans le cœur de la dépêche, une phrase a surpris – à raison – de nombreux lecteurs : «Le vaccin contre le papillomavirus humain, principale cause du cancer du col de l’utérus, est très efficace, avec un taux de mortalité de 17,4 pour 1 000 enfants vaccinés.» Si l’information était vraie, cela signifiait que près de 2 % des enfants vaccinés décéderaient… ce qui est bien heureusement, et bien évidemment, faux.
Ce mercredi 19 novembre, à 8 h 57, l’AFP a apporté un correctif à sa dépêche originelle : «Merci de lire au septième paragraphe de cette dépêche […] que «17,4 décès sont évités pour 1 000 enfants vaccinés» et non pas «un taux de mortalité de 17,4 pour 1 000 enfants vaccinés».» (Libération a corrigé dans la foulée sa reprise.)
Le communiqué de presse initialement diffusé par le Gavi précise bien, quant à lui : «Le vaccin anti-PVH [virus du papillome humain] […] permet d’éviter 17,4 décès pour 1 000 enfants vaccinés.» L’Alliance nous confirme que le texte diffusé dans ledit communiqué n’a pas été modifié depuis sa publication. Contacté, le signataire de la dépêche originale confirme «qu’il s’agit bien d’une erreur de notre part, pas de Gavi». Interrogé sur la source de la distorsion de l’information (reformulation trop hâtive, erreur de traduction du communiqué anglophone…), notre interlocuteur n’a pas souhaité «entrer dans le détail».
Reportage
A noter que, dans de précédents communiqués du Gavi ou de l’Unicef, la valeur de 17,4 est plus précisément définie comme étant le nombre de décès évités pour 1 000 adolescentes vaccinées. Le chiffre de 17,4 – auquel le Gavi fait référence depuis au moins 2023 – est d’un ordre de grandeur voisin d’autres modélisations récentes relatives aux pays à faibles revenus. De fait, l’efficacité du vaccin en termes de décès évités va fortement varier selon les pays (incidence du cancer du col de l’utérus, accès aux soins, dépistage, mortalité sans vaccin…). Ainsi, une étude parue en 2024 estime le nombre de décès évités à 2 pour 1 000 adolescentes vaccinées en Suisse, contre 34 pour 1 000 en Tanzanie.




