Selon plusieurs publications, partagées des dizaines de milliers de fois, notamment sur Twitter et Facebook, des centaines d’habitants juifs de Netanya, au nord de Tel-Aviv, auraient «tenté de s’introduire par effraction dans le dortoir» d’une université de la ville, pour lyncher des étudiants arabes.
Israeli-Arab students are hiding inside the Netanya College, caged by a mob of 100s of Israelis who are blocking the entrance, waiving flags & threatening them.
— Muhammad Shehada (@muhammadshehad2) October 28, 2023
Israeli-Arabs are becoming increasingly targeted, harassed & fearing for their lives at Israeli college campuses... pic.twitter.com/fM7p6QRZsw
Sur les différentes images de la scène qui ont circulé, on peut voir plusieurs dizaines de personnes qui s’attroupent devant un bâtiment universitaire, agitant des drapeaux israéliens, pendant que certains d’entre eux tentent de forcer les portes d’accès et crient «mort aux Arabes».
4\ The view from the inside is absolutely horrifying. If the Israeli mob manages to break into the college campus, those Arab students will be at risk of lynching!
— Muhammad Shehada (@muhammadshehad2) October 28, 2023
h/t @AlonLeeGreenpic.twitter.com/Spcv17nSeD
Comme plusieurs médias israéliens l’ont confirmé, cette scène s’est bien déroulée sur le campus d’une université privée de Netanya, dans la soirée du samedi 28 octobre. Et plus précisément devant une résidence qui appartient à l’établissement.
L’université a indiqué dans un communiqué que le matin de l’émeute, «deux œufs ont été jetés» sur des juifs qui sortaient d’une synagogue proche des dortoirs, mais que la police avait «géré la situation», comme le rapporte le média israélien Haaretz. Des rumeurs ont «ensuite circulé sur les réseaux sociaux accusant les étudiants d’avoir accroché des drapeaux palestiniens et d’avoir mis de la musique fort», ce que la police a ensuite démenti, toujours selon l’université.
Un responsable religieux extrémiste de Netanya, Roi Amgar, qui avait appelé à «expulser les Arabes qui sont dans l’université», accuse les étudiants arabes d’avoir jeté des œufs sur des filles juives de 10 ans, mais aussi d’avoir crié «égorgez les juifs» (ce qui n’a pas été confirmé par d’autres sources à l’heure actuelle).
Demande d’évacuation des dortoirs
Les forces de l’ordre ont indiqué avoir finalement dispersé le rassemblement, sans qu’aucun blessé ne soit à déplorer. Dans un communiqué, un porte-parole de la police a affirmé que «les étudiants qui soutiennent le terrorisme ou les ennemis d’Israël seront immédiatement suspendus».
La maire de la ville, qui appartient au Likoud de Benyamin Nétanyahou, a indiqué de son côté avoir demandé à l’université d’évacuer totalement les dortoirs, car «la sécurité des habitants de Netanya passe avant tout». Elle a annoncé vouloir s’en servir pour héberger des réfugiés du sud d’Israël, après les attaques du Hamas du 7 octobre. Elle a par ailleurs demandé une enquête concernant les étudiants qui auraient lancé des œufs sur des Juifs, et appelé à ce que les émeutiers soient traduits en justice.
Selon les médias israéliens, plusieurs organisations étudiantes israéliennes ont exprimé leur inquiétude vis-à-vis des appels à la haine qui ont conduit à cet attroupement, mais aussi de la réponse des autorités, jugeant qu’elles n’avaient pas pris de mesures assez fortes contre les émeutiers.




