Le cul sur le trottoir
C'était l'autre vendredi, le 19 septembre, et la raison pourquoi je vous ai fait faux bond la semaine dernière : un bête - comme ils sont tous - accident de la circulation m'a fourni l'occasion d'un reportage impromptu. C'était quelques jours avant que notre président Nombril Ier, comme le surnommait joliment ce contributeur du Contre-Journal de Libération, prône à Toulon et avec un aplomb sans pareil, la «réhabilitation» de l'Etat en même temps qu'il annonçait, à l'horizon 2009, la suppression de 30 600 postes de fonctionnaires.
Mais revenons à notre carrefour où mes ossements cassés frémissaient à la perspective d’une imminente confrontation avec les services publics de toutes urgences, ou ce qu’il en reste.
De cette plongée dans le «ça n’arrive pas qu’aux autres», un document atteste que, l’accident étant advenu à 12 h 30, les camarades pompiers mirent à mon secours bien plus que les douze minutes qu’une légende prête à leur réactivité dans Paris intra muros. Vrai que leur qualification ne saurait à elle seule compenser la vétusté de leur matériel - en l’occurrence une chaise pourrie portée à bras afin de me voiturer dans un fourgon dont, à vue de reins, les suspensions devaient bien afficher quelque 4,5 millions de kilomètres au compteur. N’importe : leurs jambes musclées ont calé mon siège dans leur brinqueballant véhicule, et c’est triomphalement à 13 h 42 qu’ils enregistrèrent mon inscription aux urgenc




