Dans Libération du 6 novembre, le documentariste Michael Moore se demandait : «Quel effet cela fera-t-il d'avoir un président intelligent ?» Question qu'on peut augmenter d'une autre : quel effet ça fait d'élire un président beau ? Car la déferlante iconographique le confirme : de son berceau jusqu'à nos jours, Barack Obama est beau. Beau et noir, beau et blanc aussi si on en juge au duo adorable (visible entre autres dans Paris Match de cette semaine) qu'il formait avec son grand-père maternel Stanley Dunham, sorte de Steve McQueen radieux, à qui il a emprunté l'essentiel des traits de son visage et son sourire. Sur cette image prise à vif le soir du triomphe à Chicago, Obama ne sourit pas car il savoure. L'instantané fait que son mouvement est figé, statufié presque, comme coulé dans la cire pour l'inévitable musée Grévin à venir. Bien plus : on dirait un jouet, une de ces poupées articulables qui font la joie de certains enfants, entre GI Joe et Ken, le fiancé de Barbie. Un fiancé noir cependant, ce qui tendrait à prouver que même Barbie a voté Obama.
Cet effet de joujou est augmenté par une étrange cage de verre faisant office de paquet-cadeau, qu’on voit sur la photographie et qui était étonnamment imperceptible lors de la retransmission télé. Ce qui indique incidemment que cette retransmission en direct avait été répétée (avec sosie du futur président en doublure lumière) et que les éclairages de la scène furent, si l’on peut dire, réfléchis a




