Royal et Guillon
Ce fut peut-être le moment le plus identificateur du trop prévisible naufrage advenu le week-end dernier sur le foirail de Reims : quand Ségolène Royal, citant sans le nommer Jean Jaurès - cette conscience que les socialistes ont abandonnée au grand récupérateur de dépouilles Nicolas Sarkozy -, déclencha en retour une bronca pleine d'aigreurs, et tonitruante en proportion. «Nous rallumerons tous les soleils, toutes les étoiles du ciel.» Beau programme, en vérité, mais beau prétexte, surtout, à rallumer, en fait d'astres et de désastres, toutes les haines recuites de la campagne présidentielle. (Je miaule ça avec la mesure distanciée d'un citoyen déterminé, lors des prochaines échéances, à aller voter ailleurs, mais je ne doute pas que ce grégaire braillement de stade de foot rendra sympathique à plus d'un électeur socialiste l'oratrice qui en faisait l'objet.)
C’est quoi, l’origine de cette haine que suscite de façon si récurrente Ségolène Royal ? Son programme, en matière de modèle économique et d’alliances électorales ? Mais, sauf à avoir raté un épisode, il me semble que quelque 80 % du parti y adhère. Une baston de générations, alors, dents de lait contre défenses ivoirines ? Mais il y a des jeunes et des vieux dans toutes les motions et dans tous les courants. Une affaire de sexe, ou, pour mieux dire, de genre ? Plus trop, depuis que Martine Aubry est également candidate… Encore que… N’est-ce pas, Stéphane Guillon ?
En écoutant mardi sur Fran




