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Libération

Une bombe !

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Publié le 13/12/2008 à 6h51

La nuit tombe sur les versants de l'austère plateau de Millevaches. Dans les maisons isolées, les rares habitants se pressent autour de l'âtre où mijote une bonne soupe aux châtaignes, le chien somnole, le chat ronronne, lorsque soudain un hurlement déchirant fait trembler les volets et pleurer les enfants : «Comment ! Vous n'avez plus de boulgour bio !»

Nous sommes au nord de la Corrèze, au centre du petit village de Tarnac (327 habitants), et plus précisément à l'épicerie coopérative où, en effet, il y a rupture de stock sur le boulgour bio. Mais, soulagement, les briques de soja vanille s'entassent à foison sur les présentoirs en bois recyclé. Et gageons que l'épicier accort saura diriger les naufragés du boulgour vers les steaks au tofu, les nems au quinoa ou le pâté au sanglier alter, car l'épicier de Tarnac, c'est lui ! C'est Benjamin Rosoux, dont le portrait a été à la une de Libération pour cause d'entretien exclusif. Mais ce n'est pas vraiment en tant que membre de l'équipe gérant l'épicerie coopérative de Tarnac ni sur la cruelle pénurie de boulgour bio, que Benjamin était interviewé sur quatre pages dans nos colonnes. Car à en croire la ministre de l'Intérieur, Benjamin Rosoux est un terroriste de très haute dangerosité, coresponsable des sabotages ayant entraîné le retard de quelques TGV.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne se voit pas. Entre autres tuiles pour madame Alliot-Marie (en attendant que cela fasse un gros bruit de casseroles), c'es

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