C'est la guerre mais sur cette photographie prise en janvier 1944 à Paris, ça ne se voit pas. Ce qu'on détecte, c'est la paix, la tendresse en tout cas. Car à gauche, nous fixant de ses beaux yeux noirs, pose Dina Vierny, sa joue appuyée sur l'épaule du sculpteur Aristide Maillol, dont elle était le modèle depuis leur rencontre en 1935, quand elle avait 15 ans. Libération a publié cette photo dans son édition de jeudi, pour accompagner la nécrologie de Dina Vierny, morte mardi à 89 ans. Plus âgée donc que Maillol qui lui, décéda dans un accident le 27 septembre 1944 à 83 ans. Dina avait donc fini par être plus vieille que son amour de jeunesse. L' image est parue à un format minuscule et ça n'est pas si mal car elle mériterait de devenir comme telle un timbre-poste pour les lettres aux amis.
Que gagne-t-on à son agrandissement ? La claire vision d’un couple moderne qui se moque de la différence d’âge en l’exposant. La beauté aussi. Celle de Dina, née moldave en 1919, mais qui cite un lointain sosie mexicain, la fameuse Frida Kahlo qui, à la même époque, posait elle aussi en œil de braise, sourcil épais et cheveux noirs nattés.
Mais la figure de Maillol n'est pas mal non plus, qui n'est pas du tout dans une transposition de Suzanne et les vieillards mais plutôt, marmoréen, comme une sculpture de lui-même, figure classique du «noble vieillard», tout en barbe et sourcils broussailleux, Moïse façon Michel Ange, n'était le nez français qu'on dirait d'Henri IV et l




