Après la manif
Hier au soir, le durant une semaine presque discret président de la République, sollicité le 29 janvier par quelques millions de citoyens arpentant le pavé, daignait livrer, via ses institutionnels laquais télévisuels, de ses redondants oracles auxquels, à l’heure où ces lignes s’impriment, nous n’aurons pas eu accès. On s’étonnerait cependant que le grand baratineur sorte de son ordinaire «j’ai été élu par les patrons et les banquiers, ma relance sera pour eux, et j’emmerde les pauvres et les chômeurs», mais qu’à cela ne tienne. C’est à peine dommageable, tant le cadre de cette «journée d’action interprofessionnelle», jetée comme une couverture pour préventivement éteindre la brûlante et indicible (c’est «la crise», n’est-ce pas…) aspiration à une grève générale, se révélait d’emblée peu apte à poser la seule question qui vaille, et à laquelle Nicolas Sarkozy est par nature le dernier à pouvoir répondre : celle de sa totalitaire responsabilité de premier actionnaire d’une entreprise qui, de la justice à l’enseignement en passant par la santé, ravage tous les fondements d’une société aspirant encore désespérément à passer pour civilisée.
Car le mot d'ordre qui fédéra l'autre jeudi toutes les manifestations et le vise au premier chef, c'est : comment s'en débarrasser ? Alain Badiou (1) l'avait l'avant-veille formulée avec ses mots ici même. Dans un haut-parleur emmenant le cortège des salariés de Peugeot Citroën Poissy, vers 14 h 15, boulevard Be




