Péan et Kouchner
Quelle «affaire Kouchner» ? Le soupçon de conflit d’intérêt porté à l’encontre d’une «conscience de gauche» vendue sur le tard au sarkozysme ? Que nenni ! Quand ce qui importe est d’établir si oui ou non, le ministre des Affaires étrangères, en tapant dans la caisse, a tapé sur ce qui reste d’exigence morale dans ce qui fut jadis son camp, se concocte, dans d’imprudents anathèmes et nauséeux sous-entendus, une affaire Péan : l’affaire, pour mieux dire, de «l’antisémitisme» de Pierre Péan.
Tablant sur cette diversion, Bernard Kouchner a mis ce qu'il fallait de trémolos dans sa morale pour verrouiller ses contrats, mais, comme chaque fois qu'il est question d'éructer à propos d'éthique, de valeurs et de République, Bernard-Henri Lévy, juché sur le trépied de son autorité esthétique, médiatique et «philosophique», est le premier monté au créneau pour valider l'hypothèse de la diablerie de Péan. Ainsi, ce même mercredi (le 4 février) que l'Assemblée nationale assistait à la larmoyante prestation de Kouchner, il faisait savoir urbi et orbi et via l'AFP que Pierre Péan «est un nain». Ah mais ! S'il le dit…
Tandis que le député UMP Guibal (Alpes-Maritimes) se propose de faire voter une loi contraignant les joueurs de la sélection nationale de football à chanter la Marseillaise, c'est cette fois au prétexte de son «national-républicanisme» qu'est, de Péan, instruit à demi-mots ce nouveau procès en antisémitisme. Sans surprise




