Menu
Libération

Noir incandescent

Réservé aux abonnés

Publié le 14/02/2009 à 6h51, mis à jour le 14/02/2009 à 6h51

Cette photo qui paraît être en noir et blanc, est en couleur. Car les incendies qui ravagent le sud-est de l’Australie sont passés par là, badigeonnant tout sur leur passage en bichromie. Ici, quatre automobiles sur une route, dont on ne saura jamais si elles étaient rouges ou jaunes… Leur encastrement laisse présumer un abandon hâtif, un carambolage panique. A moins que ce soit leur incandescence qui les ait disposées en vrac.

C’est une vue aérienne. A une certaine distance donc. Mais contrairement aux autres nombreuses photographies des incendies australiens, ce qui touche et frappe, c’est la proximité de la présence humaine. Par défaut en l’occurrence. Puisqu’on souhaite que les occupants de ses véhicules aient échappé au brasier.

En même temps, il y a une fascination à plusieurs détentes à contempler ces images tristes de sinistres. Il n’est pas besoin d’être pyromane pour leur trouver un certain «charme». Sur d’autres images, montrant des maisons brûlées, on a vu par exemple le paradoxe surréaliste de piscines incendiées.

Ici, ces voitures réduites à l’état de carcasses calcinées produisent le même effet de désolation intrigante. Il y a une jouissance dans le désastre, filmé ou photographié, qui alimente à foison n’importe quel Youtube, pour peu qu’on lui demande «catastrophe», et qui ne relève pas seulement de la réjouissance malveillante sur l’air lâchement soulagé du «ça n’arrive qu’aux autres». Grégaire comme n’importe qui, civilisé en somme, on n’aimerait pas que ça s

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique