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Libération

Ici et là, en un mol et confus consensus

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Publié le 05/06/2009 à 6h53, mis à jour le 05/06/2009 à 6h53

Alliot-Marie en bafouillant

Quand, l'autre jeudi, au terme, si je compte bien, de cent quatre-vingt dix-sept jours d'incarcération, Julien Coupat quitta la prison de la Santé, le sentiment général - tel du moins que la presse le restitua (à moins qu'il fût surtout celui de gens de presse) - fut d'un lâche soulagement. Comme si une si longue détention et le régime de facto extrêmement strict de son contrôle judiciaire, ce n'était rien.

Pourtant, la ministre qui parle (Alliot-Marie) ni celle qui se tait (Dati) n'auront su se défaire de cette contradiction: soit Coupat reste un présumé «terroriste» et il ne convenait pas de le libérer, soit le dossier reste aussi vide qu'au premier jour, et il ne convenait pas de l'embastiller. Place Beauvau, la préposée au rendement sécuritaire fait à peine sourire en bafouillant une «séparation des pouvoirs» dans une langue de bois dont on fait des pipeaux, mais, faute de contradicteurs (ils étaient occupés, paraît-il, à préparer un scrutin européen, ou à la messe, pour communier dans la déploration d'un accident aérien), le bon vieil adage selon lequel «il n'y a pas de fumée sans feu» fait son sale office. Et c'est tout juste si la spectaculaire sortie de geôle de Coupat «en catimini et par une porte dérobée» (les journaux), ne lui sera pas comptée à charge…

Selon les moins malveillants des plumitifs de la place, le terme de sa détention constituerait une «victoire» pour la démocratie. Avec des victoires comme

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