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Libération

Petite escroquerie lexicologique

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Publié le 04/09/2009 à 0h00

Réguler le capitalisme

C'était dans le mitan des années 80 du siècle passé, sous le règne flamboyant des Thatcher et Reagan donnant universellement le la d'une «révolution» néo et ultralibérale, dite anglo-saxonne, à quoi le «modèle social à la française» lui-même commençait à rendre les armes. C'était aux temps confus de Vive la crise !, quand il n'était partout question que de «déréguler» : le transport aérien, le recrutement des joueurs de foot, les tarifs de l'électricité et tutti quanti. Déréguler, c'était brailler partout que dans «libéralisme», il y a liberté, laquelle est une bien belle chose, monsieur Tocqueville, et que celle-ci régnait aussi bien dans la gestion du poulailler que dans les gènes d'un renard émancipé de toutes règles et contraintes conservant à l'ensemble des rapports sociaux un semblant d'apparence d'humanité.

Vint, l'automne dernier, une autre crise, un petit peu plus globale, un petit peu plus bestiale que toutes celles, en forme de bulles, qui l'avaient précédée. «Systémique», cet incendie-là ne saurait s'éteindre au seul moyen de seaux d'eau tiède invoquant une «fatalité» qui, à l'enseigne Vae Victis, est au capitalisme ce que le moteur à explosion est à l'automobile. Sur les lieux du sinistre, il fallut alors convoquer la grande échelle, soit rien moins que la perspective de «moralisation» du merdier. Ce terme-là de «moralisation», qui nous aura amusés durant un bon semestre, montra bientôt ses limites

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