Avec la parution du premier tome des mémoires de Jacques Chirac, concernant sa vie politique jusqu’en 1995, les photographies pleuvent pour illustrer un des plus fameux épisodes de sa carrière : la co-ha-bi-ta-tion. Mot qui est d’ailleurs entré dans le vocabulaire politique lorsque Mitterrand, sous le choc des législatives perdues pour lui et son camp en 1986, nomma Chirac Premier ministre. Auparavant cohabitation était plutôt synonyme de concubinage, ce qui dans le cas des deux hommes concernés ne collait pas vraiment. Quoique…
L’action saisie par cette photo se situe le 10 juin 1987 au parc des Princes, juste avant le début de la finale de la Coupe de France de foot qui allait opposer les Girondins de Bordeaux et l’Olympique de Marseille. Les Bordelais l’emporteront par 2 buts à 0. Mais dans la tribune officielle, bien avant le score final, un autre genre de match a déjà commencé et fait rage entre, d’une part, le Chirac de Paris et, d’autre part, le Mitterrand de Jarnac. Le type assis derrière les deux combattants, qui se tient la mâchoire comme s’il était victime d’une rage de dents, n’est pas l’arbitre. Manifestement, il fait quand même la grimace de celui qui redoute de se prendre une baffe perdue. Pourtant, tout à l’air si doux, si calme, si civilisé.
A gauche, Jacques Chirac fume son clope et déplie ses lunettes. A droite, Mitterrand lit dans un maroquin un document dont la méditation a l'air de le passionner. Or les apparences, fausses amies notoires, sont trompeuses.




