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Libération

De la loi, quand elle incite à sa propre transgression

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Publié le 12/02/2010 à 0h00

A en croire la police, elle n'aurait donc pas été «choquée» ni ne se serait plainte «à aucun moment», la collégienne de 14 ans qui, après son interpellation (avec une «extrême gentillesse»), fut l'autre mercredi huit ou dix heures durant gardée à vue. Pas choquée non plus de s'être entendu signifier, au commissariat du XXe : «Continue à te foutre de ma gueule et je prolonge de vingt-quatre heures.» Pas choquée, vraiment ? Et nous ? Après tout, Anne ne fait guère qu'un cas de plus de garde à vue, dans la longue théorie des quelque 800 000 recensés l'an passé… Si Anne était notre fille, à la rigueur, et à condition qu'il soit bien établi que la gamine n'a pas menti (les jeunes, ça ment tout le temps, non ?). Indignés, donc, mais à la rigueur et à condition. Offusqués, peut-être ? Oui, c'est ça, offusqués, nous le sommes parfois encore un peu. Même Copé, s'avisant soudain qu'il faudrait peut-être là-dessus légiférer. Et même Alliot-Marie (de Tarnac) proposant de limiter l'usage de la garde à vue «aux nécessités réelles (sic) de l'enquête»…

De moins en moins choqués, indignés ou seulement offusqués, cependant, par l’arbitraire policier. Des centaines de témoignages mensongers énoncés jusque dans les prétoires par des képis assermentés, et autant de prétendus «outrages» avec menottage systématique à la clef, avec humiliant tutoiement qu’on ne relève même plus, avec clef de bras, avec genoux dans les reins, avec écrasements de

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