Les retraités reformés
Est-ce la multiplication des sources ou seulement celle des tuyaux, qui nous fait la mémoire si courte ? Voyez comme, dans le grand bruit ambiant et surmultiplié, accablées sous le faix des hypothèses et des certitudes confondues, nos consciences sont devenues volatiles. Ainsi des mots du chef de l’Etat évoquant lundi, sur la chaîne américaine CBS, la rumeur de son infortune conjugale, ce «clapotis» dont il ne parvient pas à se déprendre, pour tenter de nous faire accroire qu’il en était, lui, la «victime» ! Et cette tentative, hénaurme, d’épilogue du vaudeville élyséen, put être insinuée ici et là et partout sans que lui fasse écho un universel et tonitruant éclat de rire…
Dans le même registre, une opinion plus distraite que résignée voit se mettre en scène le dernier feuilleton à la mode, celui des prétendants à la succession du trône. Comme si l'épisode «Fillon président» avait inspiré des vocations. Ses émules ne se comptent plus : Villepin, qui instigua le bouclier fiscal, bredouille sans rire une «exigence de justice» du même nom, Raffarin flirte avec la sédition en tonnant contre les prix du gaz (trop cher) et du lait (pas assez), et même des centristes se saisissent des conséquences immobilières de certaine tempête qui ravagea un littoral vendéen pour prétendre à leur indépendance.
Ce troupeau d'appétits et de vocations que des sondages suscitent n'eût été qu'anecdotique si, planqué au cœur comme un ballon de rugby au se




