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Libération

«Reprendre la main» (des marchés, dans la gueule)

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Publié le 14/05/2010 à 0h00

C’est quoi, la crise? La crise, c’est quand on voudrait parler d’autre chose et qu’on ne peut pas… La crise, c’est, dans la dilution de toutes les identités culturelles, politiques et sociales, cette chose encore mal déterminée et cependant menaçante qui fait voter de conserve, dans les cadres anciens et raisonnables de la «démocratie», celui qui croyait à la croissance (à l’euro, à cette Europe-là, tout ça) et celui qui n’y croyait pas. La crise, c’est le ralliement frileux de toute parole publique à un unanimiste «jusqu’ici, tout va bien» quand chacun sait trop bien, en son for, que tout va mal. La crise, c’est la négation de la crise dans une grégaire et incantatoire procrastination où tout le monde fait semblant. Il est de fait qu’en fait de faire semblant, cette semaine, nous fûmes servis.

Semblant d’Union

Tiens, lundi… Lundi, au terme d'une réunion à Bruxelles ayant rassemblé aux forceps un semblant de commencement d'illusion de gouvernement économique européen autour d'un semblant de magot de 750 milliards, un long soupir de soulagement salua le «retournement des marchés rassurés». Les banques, repues, allaient se et nous donner les moyens de «la relance», maintenant que ces milliards virtuels, théoriques et qui n'existent pas, étaient «garantis». Garantis par une Banque centrale européenne qui paiera cash tout le papier (obligations, bons d'Etat) que les spéculateurs lui auront refourgué, oui, mais gagés sur d'extravagants plans de rigueur inf

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