Menu
Libération

S’offusquer, c’est toujours se donner l’air d’exister

Réservé aux abonnés

Publié le 03/06/2010 à 0h00

Les mots d’Aubry

Lorsque Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP (et, de toutes les voix de la droite, notre préférée), chausse ses grosses lunettes pour tenter de faire oublier ses gros sabots, l’auditeur peut être certain qu’il va encore nous en énoncer une épaisse. De la bouche de Lefebvre, sous les coups de trique d’une syntaxe chaotique, d’une grammaire échevelée et d’une langue de bois approximative, les mots martyrisés s’échappent comme ils peuvent, bondissantes grenouilles ou ouistitis hurleurs, pour susciter tour à tour chagrin, pitié et franche rigolade.

Ainsi fit-il samedi dernier, avec un «Les Français jugeront où est la vulgarité» d'anthologie, qui donna le «la» aux ordinaires aboyeurs de son camp pour fustiger un propos de tribune de Martine Aubry. Dans la foulée de Lefebvre, les Raffarin, Jégo, Morano, Bertrand et pas mal d'autres, jusqu'au Premier ministre Fillon, eurent à cœur de faire savoir au Prince qui les fit que toujours, et ne dussent-ils servir qu'à cela, ils clameraient la perfection de son magistère.

Qu'avait-elle dit, la Première secrétaire du PS, pour déclencher le feu dérisoire des courtisans élyséens ? Elle avait comparé le prêche de «discipline budgétaire» de Nicolas Sarkozy à des «cours de comptabilité» que donnerait l'escroc Bernard Madoff, ce qui se défend, et évoqué en passant la «vulgarité» du chef de l'Etat, si notoire que, du bling-blinguant Fouquet's à l'assassinat de La Princesse

Dans la même rubrique