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Publié le 12/06/2010 à 0h00

Année 1929 : ces trois hommes sont, de gauche à droite, Robert McAlmon, John Glassco et Graeme Taylor. La publication des souvenirs du Canadien Glassco nous replonge dans les riches heures du Montparnasse interlope des années 20 (lire notre cahier Livres du 10 juin). De belles histoires de littérature et de dolce vita à la parisienne. Mais ce portait du trio est, sur un autre plan, tout un programme, qui vaut pour aujourd’hui. Quel chic, quelle allure, quelle beauté. A la fois une leçon de style, un cours de maintien et un manuel de savoir-vivre. Exactement ce qu’on voudrait être pour toujours, mais en mieux. Des garçons, même s’il est toujours trop tard pour être jeune.

Certes, il y a une hypothèque homosexuelle qui hante ce portrait et qui devient hypothèse si l’on sait que le plus vieux de cette bande (le déhanché McAlmon) était un honorable pédé, servant de père plus pute que putatif à ses jeunes compagnons de bamboche. Mais sauf leur respect, cette sexualisation monomaniaque n’est pas le meilleur qu’on puisse soutirer à cette image. Si elle obnubilait toute l’attention, elle finirait même par virer au rabat-joie. Que voit-on ? Apparemment des hommes. Mais aussi bien des chics filles quand elles s’habillent en hommes. Il y a du féminin à l’œuvre dans cette image qui n’a rien à voir avec son allure efféminée.

Sur l'air familier de «Que sont mes amis devenus ?» nous voilà aussi, pauvre Rutebeuf, à voir surgir des fantômes. «Qui sait, écrivait saint Augustin

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