Peut-être qu’il faudrait en finir une bonne fois avec ça - ce droit d’enfumage, régalien comme un droit de cuissage sous l’Ancien régime, autorisant un président de la République à monopoliser les écrans de trois chaînes pour se livrer quatre-vingt-dix minutes durant à un exercice de… Mais un exercice de quoi, au juste ?
Mardi, à la télé, c'était de la télé dans ce qui fait l'essence intime du medium : la mise en scène du faux, ostensiblement, comme jadis dans Au théâtre ce soir, où les pièces de boulevard se jouent moins qu'elles se surjouent, afin que nul n'ignore en quel registre on se situe. D'emblée, comme un masque de commedia dell'arte sur le visage de Pantalon, la fixité dramatique d'un visage atone. (Didascalie : il ne sourit jamais.) Ce fut d'abord cela, l'entretien que Nicolas Sarkozy accorda à trois faire-valoir. L'impression que quelque came avait éteint les tics, l'œil et la voix, pour une performance de Droopy contraint et contrit. Est-ce cette apparence qui fascina ses trois interlocuteurs choisis, au point que purent s'énoncer, sans qu'aucun ne pipe mot, autant de contre-vérités ? Comme des lapins dans le faisceau des phares de l'autorité présidentielle, Chazal, Denisot et Pujadas firent respectivement du Chazal, du Denisot et du Pujadas.
Douillettement installés dans l'esquisse d'un questionnaire convenu (ça, c'est fait…), nul des trois, aux réponses faites, ne souleva jamais un sourcil pour seulement signifier muettement que, quand même… Ai




