Il y a quelques années, une publicité pour une marque de soutien-gorge est devenue célèbre en raison de son slogan : «Regardez-moi dans les yeux, j'ai dit les yeux !» On pourrait aujourd'hui placarder l'impératif sur ce portrait de Karima el-Mahroug, dite Ruby, pris en novembre à Milan. D'autant que le regard noir de Ruby a l'air, lui aussi impérieux. Et même royal, car c'est sur une sorte de trône qu'elle est assise, avec beaucoup de dorures et d'enluminures extravagantes. Un joli trône de sacre pour princesse d'opérette sabrant le champagne de son couronnement. On n'a pas trop envie de venir gâcher son plaisir, sauf à risquer de se prendre au visage le contenu de la flûte de champagne. Car si Ruby triomphe pour la photo, c'est que ses révélations sur ses diverses intimités avec Sylvio Berlusconi sont entrain d'ébranler l'inébranlable président du Conseil italien. On songe au parti qu'aurait pu en tirer Offenbach. Une bouffonnerie musicale, entre Périchole (maîtresse chanteuse des rues) et Grande-Duchesse de Gérolstein (orgies à la Cour).
Si on s’obsède de cette image qui est conçue pour obséder la plus grande partie de la population masculine en âge d’être obsédée, on peut y lire d’autres détails tout aussi romanesques. Les ongles de Ruby, faux comme des griffes prêtes à lacérer. A ses doigts, aucune bague à poison, à ses poignets des bracelets de sultane et, à son cou, un sautoir aux initiales de Chanel qui, s’il n’est pas une contrefaçon, doit p




