Menu
Libération

Benghazi mon amour (assassiné)

Réservé aux abonnés

Publié le 18/03/2011 à 0h00, mis à jour le 18/03/2011 à 13h33

Des hommes ou des éléments, qu’est-ce qui sidère le plus en son déchaînement ? Quoi, des catastrophes qui secouent le Japon ou de l’impunité de Kadhafi qui saigne la Libye, terrifie le plus le monde ? Au rythme auquel, de Sendai à Otsuchi, se découvrent les plages de cadavres et, d’Ajdabiya jusqu’à Tobrouk, se préparent les massacres d’insurgés, les horreurs rapportées se superposent jusque dans un troublant effet de brouillage.

Le dénominateur commun, c’est la guerre, et, dans une formidable simultanéité, toutes les cartes semblent soudain d’état-major. Mardi, on entendit qu’une «zone d’exclusion aérienne» avait été décrétée, mais c’était autour de Fukushima. Celle qu’à Paris, un G8 fit semblant d’envisager pour soulager les insurgés libyens, venait d’être jetée aux poubelles de l’histoire. Au JT du soir, après une demi-heure d’apocalypse nucléaire, l’affaire fut expédiée en une quinzaine de secondes. Et le lendemain, tandis que s’esquissait à Tokyo une hypothèse d’exode dans un commencement de panique, le cœur de l’âme nippone, empreinte comme on sait d’un millénaire et shintoïste fatalisme, laissa apparaître de menaçantes fissures. Pour la première fois depuis son accession au trône, en 1989, l’empereur parla à son peuple. Il lui demanda de prier. A l’image, un allégorique hélicoptère s’apprêtait à tenter de larguer un peu d’eau de mer sur un réacteur que des tonnes de mensonges n’étaient pas parvenues à éteindre.

Et à l'autre bout du monde, Muammar al-Kadhafi aussi parlait

Dans la même rubrique