Ils ont beau dire, les uns et les autres, les intéressés au premier chef et les commentateurs… Plus que jamais, la ritualisation des ambitions présidentielles contredit vigoureusement la revendication pourtant partout proclamée d’une démocratie mature. D’une démocratie qui, par exemple, redonnerait la main à ses représentants élus.
En est-il assez question, dans le discours électoral, de rééquilibrer les pouvoirs exécutif et législatif en réformant les institutions dans, enfin, l'audace d'une constituante ! Ces vœux très pieux se murmurent ponctuellement à travers la dénonciation de la «monarchie républicaine» ou de l'«hyperprésidence», mais sitôt qu'approche l'échéance quinquennale, ils se diluent et s'oublient dans le storytelling et la peoplerie, les petites phrases et la psychologie de comptoir.
Ce terrain sur lequel s'élirait le chef suprême est celui, naturel, de la droite plus ou moins républicaine, qui cultive dans ses gènes le culte bonapartiste et originel de «la rencontre d'un homme et d'un peuple», l'homme en question - dont il est par essence inconcevable qu'il soit une femme - se situant naturellement «au-dessus des partis». Avec plus ou moins de complaisance, ce qu'il est convenu d'appeler «la gauche», en acceptant le handicap de jouer sur le champ sémantique de l'ennemi, s'y brûle inéluctablement les ailes, et le programme, et le projet.
Ainsi, mardi, de Martine Aubry, sommée, avant même d'entrer en campagne, de justifier sa c




