Je ne comprends pas. Il me semble qu'en février 2009, tout le monde connaissait les mœurs de DSK, tout Paris savait que le directeur du FMI était un dragueur compulsif. Dans les rédactions, les couloirs de l'Assemblée, les dîners en ville, les exploits sexuels de «la braguette la plus rapide du PS» pimentaient les conversations. Chacun avait sa petite anecdote à raconter. Alors, bêtement, ingénument… lorsqu'en février 2009, le rédacteur en chef de France Inter m'a dit : «Stéphane, notre invité de demain c'est DSK», je me suis cru autorisé à plaisanter sur le sujet. Une idée toute simple, une blague de potache sur le thème : DSK arrive, les filles toutes aux abris, avec un bruit de sirène en fond sonore. Que pouvais-je attendre d'autre que des rires complices ? Stupéfaction, dès le lendemain, je pus constater à quel point je m'étais fourvoyé, un véritable déchaînement : «Comique de fosse d'aisances», titra Claude Imbert dans Le Point, «Clown censeur, Kenneth Starr à la Française», renchérit Raphaël Enthoven dans L'Express, Ivan Levaï promit même, lors de sa revue de presse matutinale, «d'aller pisser ou chier sur ma tombe». J'étais mortifié, quelle erreur de jugement, j'avais dépassé les limites ! Alors, depuis cette date fatidique du 17 février 2009, j'ai retenu la leçon : respect de la vie privée, pas d'attaque ad hominem, on ne touche pas à DSK (A moins d'être russe et de faire un 85C). Je me suis tu,
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Comique de fosse d’aisances
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Publié le 22/11/2011 à 0h00
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