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Bismarck, papy et les Schleus…

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(Dessin : Stefano Frassetto)
Publié le 06/12/2011 à 0h00

Samedi soir, lors d'une séance de spiritisme, j'ai réussi à communiquer avec mon grand-père paternel. Il est mort en août 1991. Attention, je ne suis pas Paco Rabane, je ne discute que très rarement avec les morts, mais samedi soir le cadre était propice à une conversation avec les esprits. En effet, en tournée dans le Bordelais, mon équipe et moi-même étions logés dans un vieux château perdu au milieu des vignes. Après maintes libations, Laurent, mon régisseur lumière, s'est écrié goguenard : «Et si nous faisions tourner les tables !» Dix minutes plus tard, après quelques fous rires, quelques plaisanteries du style : «C'est quand même plus drôle d'être ici que dans une chambre d'hôtel à déprimer face au Téléthon !» ils assistaient tous médusés à mes retrouvailles avec mon grand-père ! Mon papy Henry… Ingénieur, gaulliste, fervent catholique, fait prisonnier en Allemagne en août 1914… Oui, il était parti trois semaines avant la déclaration de la guerre, apprendre la langue de Goethe à Munich ! Il reviendra en France en 1918, totalement bilingue. (Un séjour linguistique particulièrement pénible, mais tellement moins cher que des cours en immersion totale chez Berlitz !) Depuis 1991, Henry n'avait plus aucune nouvelle de la Terre (pour aider à couper les ponts, Dieu ne veut pas que ses ouailles se tiennent au courant) et c'est lui qui avait mille questions à me poser. Juste avant son départ, Edith Cresson était entrée à Matignon, on avait percé le tunnel sous

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