Rude hiver, en vérité, où il s'avère tous les jours un peu plus, au rythme de «la crise» qui creuse mieux qu'une vieille taupe, que pour réenchanter la présidentielle, sinon la politique, il y a encore du boulot. Ces deux objets : «la crise» d'une part, la campagne de l'autre, se chevauchant dans une étrange cohabitation. A la première, la seconde est censée apporter une réponse, sinon une solution. Or, entre celle-ci et celle-là, qui ne voit la faille s'élargir d'heure en heure, que mesure impitoyablement la misère qui croît ? Des plans de licenciement quotidiens, une rigoureuse austérité anticipant systématiquement sa planification programmée, une inflation des délocalisations auxquelles de dérisoires incantations de «produire français» ou d'«acheter français» font des digues de sable qui ne contiennent rien ; l'Europe brûle, l'Union avec, et les Etats nations aussi. Les marchés attisent l'incendie sur lequel le dernier plan bruxellois aura l'efficacité d'un seau d'eau, tandis que les agences de notation sonnent comme un tocsin le compte à rebours d'universelles dégradations.
Dans ce désastre, la campagne présidentielle agit comme un leurre, une diversion, une pantalonnade. Le discours médiatique, tout entier consacré à la mesure sondagière des fortunes candidates, rend l'échéance cotonneuse et quasi anecdotique. Tiens ! Mardi encore, la télé recevait Villepin, dont l'imprévisibilité tactique tient lieu de programme à son nombrilisme… C'était une blague da




