La députée socialiste Danielle Bousquet et son homologue UMP Guy Geoffroy viennent de déposer une proposition de loi à l'Assemblée nationale visant à pénaliser les clients de la prostitution. Le texte prévoit une peine maximale de deux mois de prison, une amende allant jusqu'à 3 750 euros ainsi qu'un «stage de sensibilisation aux conditions d'exercice de la prostitution». A ceux que cette mesure laisse perplexes, Danielle Bousquet répond : «L'objectif n'est pas de punir, mais d'éduquer. De faire changer les mentalités» (Libération du 29 décembre).
Certes, il semble normal de chercher à «éduquer» et à «changer les mentalités» de nos concitoyens. Les militants, les artistes, les journalistes, les politiques, les syndicalistes, les intellectuels ne cessent de le faire. Pourtant, ces braves gens ne croient pas que pour y parvenir il soit légitime, utile, voire nécessaire de faire appel à la police, aux tribunaux, aux prisons comme le voudraient ces illustres députés. Les premiers cherchent à persuader et à convaincre du bien-fondé de leurs idées par des discussions, des livres, des manifestations, des films, des grèves, sans qu'ils trouvent efficace de passer des menottes à leurs concitoyens ou de les contraindre, comme le voudrait cette proposition de loi, à faire des stages de redressement idéologique.
Dans un régime démocratique, l’Etat n’est pas censé forcer les individus à croire, penser, adhérer à des idées, même merveilleuses et




